Pourquoi nous sommes carencés

monoculture lawn

Ce n’est même plus une vraie question à se poser. La réponse serait oui dans la plupart des cas.

Que signifie carencé au juste? Ce terme est généralement employé pour parler du manque de nutriments nécessaires à l’organisme afin de faire fonctionner ses organes, ses cellules, afin de pouvoir construire des tissus autant qu’en défaire, afin de digérer, de détoxifier bien sûr et afin en fait de pouvoir réaliser toutes les réactions biochimiques nécessaires à la vie dans chacun des systèmes physiologiques de notre organisme.

Les carences les plus à risques sont celles concernant des nutriments que le corps ne peut fabriquer lui-même et qu’il doit trouver impérativement dans son alimentation. Cela concerne essentiellement les vitamines, les minéraux, certains acides aminés et aussi certains gras.

Ils sont tous obtenus grâce à l’alimentation, et c’est là que le bât blesse. À peu près tout le monde est relativement positif à l’idée de manger «quand même bien». Ce qui n’est pas le cas comme le souligne l’IFCI (1) qui l’a prouvé en relevant un écart important entre le pourcentage des consommateurs qui pensent obtenir  les apports journaliers recommandés et ceux qui les reçoivent réellement :

– 68% croyaient qu’ils consommaient assez de vitamine D, mais seulement 32% le faisaient effectivement ;

–  61% croyaient qu’ils consommaient de potassium, seul 3% l’obtenaient vraiment.

– Pour les fibres, c’était 67% contre 5%!

Beaucoup de gens sont conscients du manque de qualité, du manque de richesse en nutriments dans les aliments d’aujourd’hui. De beaux légumes nous sont offerts, belle couleurs, aspect brillant, sans tâches ni trace de champignon ou autre défaut naturel que l’homme a, à travers des techniques d’hybridation, l’utilisation de pesticides voire la transformation génétique, petit à petit créé.

Ces aliments sont vides. Et nombreux ne s’en doutent pas encore.

Des chiffres? Les suivants datent de 1992, du premier sommet de la Terre à Rio de Janeiro où les grandes nations se rencontrèrent pour la première fois afin de parler de développement durable. Des études avaient été demandées pour supporter leur réflexion. Voici ce qui a été observé en termes de richesse minérale des sols :

Baisse observée  de 85% des minéraux entre le début du siècle et 1992 en Amérique du nord. L’Europe était affectée par une baisse de 75%. Aucune région du globe n’était épargnée évidement. La raison principale : la façon de cultiver. Culture intensive, monoculture, absence de rotation, abandon des techniques de jachères (repos des sols afin de les laisser se régénérer naturellement). Résultat : des sols épuisés.

De telles pertes en minéraux indiquent très clairement que tous les minéraux traces, les oligo-éléments présents en infimes quantité dans le monde du vivant, ont pour ainsi dire tous disparus. Le corps est dépendant de ces minéraux traces car ils sont très souvent des cofacteurs enzymatiques, des aides indispensables au travail des enzymes. Les enzymes permettent aux réactions biochimiques du vivant de s’effectuer considérablement plus vite. Cela signifie qu’en leur absence la réaction s’effectue considérablement moins bien. Cela concerne déjà un grand nombre de pathologies, immunitaires, digestives, hormonales etc…

Des chiffres effrayant qui ne concernent pas seulement les minéraux. Les vitamines sont touchées elles-aussi. La pomme de terre a ainsi perdu près de (2 et 3):

– 100% de la vitamine A

– 28% du calcium

– 57% du fer

– 50% de la riboflavine (B2)

– 51% de la thiamine (B1)

Et ce n’est qu’un exemple. De plus, comment s’empêcher de penser que le problème ne concerne pas également tous les autres nutriments? Et qu’il n’y a aucune raison que cela ce soit amélioré car rien n’a vraiment changé!

Si, le bio est apparu. Oui mais beaucoup ne peuvent se le permettre encore. D’autres, jusque dans le monde de la recherche, n’y croient pas encore. Certains ont du mal à accepter, au niveau de leur budget, le changement de priorité que passer au bio peut demander.

Parallèlement, beaucoup pensent que manger bio suffit amplement à tous nos besoins. Est-ce vrai? C’est peu probable. Le monde du bio est pris dans la même logique de production que le reste de l’agriculture. Nous avons créé un système qui nous épuise petit à petit, très sournoisement. La solution passe par un regain d’autonomie sans aucun doute. Achats locaux, jardins personnels ou communautaires sont notre futur. Cela a déjà commencé, et cela continuera, petit à petit.

De plus d’autres pratiques contribuent à appauvrir un peu plus notre nourriture: moment de la cueillette (par rapport à la maturation du fruit ou légume), mode de conservation et de transport (la surgélation aussi appauvrit les aliments) ainsi que les modes de cuissons (perte de minéraux, destruction de vitamines) avec l’épouvantail qu’est le four à micro-ondes en première ligne.

Le monde scientifique a déjà confirmé l’importance des nutriments. L’absence de vitamines et minéraux a un impact sur l’incidence de maladies chroniques(4).

Non ce n’est pas par hasard que cancers, allergies et autres maladies du système immunitaire ne cessent de progresser.

Prendre un supplément de vitamines et minéraux est, dans notre monde actuel, un réflexe qui a du bon sens. Le risque de carence est grand. Vouloir vivre sans avoir besoin de suppléments est compréhensible mais le bon sens est à écouter. Car il faudrait s’assurer de consommer des repas vraiment équilibrés et contenant les portions d’aliments indispensables, soit 5-6 portions de légumes pour 2-3 portions de fruits. Rien que là, le nombre de prétendants va chuter drastiquement.

Et de toute façon, il ne s’agit pas de prendre des suppléments tous les jours. Envisager la prise de suppléments, particulièrement des vitamines et minéraux de bonnes qualités et adaptés à nos propres besoins sous forme de périodes, de cures de revitalisation représente le bon sens. Particulièrement chez les gens affaiblis ou qui ont tendance à déclarer encore et encore les mêmes pathologies. Précisons que si certains besoins concernent tout le monde, nous avons cependant chacun nos particularités.

Et précisons que tous les suppléments ne se valent pas…À suivre!

Bertrand Huchot

detoxsanteglobale.com

(1) IFIC Fuctional Foods Survey Shows Nutrient Shorfalls, Nutraceuticals World, Nov 2013

(2) Toronto Globe and Mail 2002

(3) http://www.theguardian.com/lifeandstyle/2005/may/15/foodanddrink.shopping3

(4) Fairfield, Fletcher -JAMA. Vitamins for chronic disease prevention in adults: scientific review. 2002

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Un commentaire sur “Pourquoi nous sommes carencés

  1. Très interessant….mon souhait le plus cher etant que tous les parents mettent autant d’énergie a l’alimentation ,qu’a l’importance d’inscrire leur enfant a quelconque activité ….non que ce soit important, au contraire…..mais pour bien fonctionner en tout, il faut fournir le carburant nécessaire au corps…
    Bravo Bertrand pour ton implication….micheline

    Aimé par 1 personne

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